[Victor HUGO]. Auguste VACQUERIE. Manuscrit autographe signé - Lot 305

Lot n° 305
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[Victor HUGO]. Auguste VACQUERIE. Manuscrit autographe signé - Lot 305
[Victor HUGO]. Auguste VACQUERIE. Manuscrit autographe signé « Victor Hugo en exil ». 5 pp. in-8. Feuillets fixés ensemble par des onglets, dernière page en partie collée à une gravure cartonnée. Petite déchirure (sans manque) sur la première page. Très intéressant témoignage des années d'exil. « Comme j'ai eu le bonheur d'accompagner Victor Hugo en exil, on me demande de dire ce que je sais de ces années aussi glorieuses que douloureuses […]. Le devoir, on sait si Victor Hugo lui a obéi, s'il a été fidèle au vers immortel : Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là ! De toutes parts, on s'adressait à lui, les individus et les peuples. On venait le chercher pour parler sur les tombes : il parlait sur la tombe de Jean Bousquet, sur celle de Louise Julien, sur celle de Félix Bony. On le sollicitait d'écrire contre les gibets : il écrivait contre le gibet de Tapner, contre le gibet de Bradley, il faisait de John Brown le Christ des Noirs. Lui qu'un empereur expatriait, il demandait à Juarez la grâce d'un empereur. Il répondait à l'appel du peuple crétois. Cuba s'était insurgée ; la répression était féroce ; des districts entiers étaient exécutés militairement ; trois cents femmes qui s'étaient réfugiées à New York envoyaient une adresse au grand proscrit pour le prier d'intervenir […]. Ce n'était là qu'une part de son œuvre. A travers tout cela, le monde votait éclater Napoléon-le-Petit, les Châtiments, les Contemplations, la Légende des siècles, les Chansons des rues et des bois, Shakespeare, l'Homme qui rit, les Travailleurs de la Mer, les Misérables. Une chose à constater c'est que pendant ces dix-neuf ans de lutte incessante, de duel avec l'empire, de corps-à-corps avec toutes les tyrannies et toutes les iniquités, Victor Hugo est resté tranquille et souriant. Expulsé de France pour avoir défendu le droit et le peuple, il était expulsé de Bruxelles pour Napoléon-le-Petit et de Jersey pour les Châtiments : il était d'aussi bonne humeur à Guernesey qu'à Paris. Il vivait en famille. Il avait autour de lui : sa femme, l'admirable femme qui a eu l'honneur de mourir en exil, mais qui n'est pas morte toute entière, car elle a laissé un livre qui vit et vivra : Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie ; ses deux fils, Charles et Victor, et la plus jeune de ses deux filles ; l'autre était « restée en France » - dans le cimetière de Villequier. Des amis venaient de France. Quelle joie quand nous voyions débarquer Paul Meurice ! Et l'exil avait de bons moments. Oh ! nos promenades dans l'île ! Oh ! nos soirées, si douces quand on causait, si belles quand nous écoutions Eviradnus [Légende des siècles] ou le Satyre ! Auguste Vacquerie ».
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