Aimé BONPLAND (1773-1858), botaniste et explorateur, il expl - Lot 14

Lot 14
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Estimation :
2000 - 3000 EUR
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Aimé BONPLAND (1773-1858), botaniste et explorateur, il expl - Lot 14
Aimé BONPLAND (1773-1858), botaniste et explorateur, il explora l'Amérique du sud de 1799 à 1804 avec Humboldt. Lettre autographe signée au botaniste Alire Raffeneau-Delile (1778-1850), 4 pp. in-4. Rio-Pardo [sud du Brésil], 8 novembre 1849. Transcription complète jointe. Émouvante lettre de fin de vie, pleine de nostalgie. Il vient de faire un voyage de cinq semaines à Montevideo, ville qui a soutenu un siège de huit années, il fait un rapport de la situation de la ville : la classe « inférieure », la classe aisée, les commerçants, les maisons, etc. Il a rendu visite à plusieurs reprises à l'amiral Lepredour, à bord de sa frégate, et il reste admiratif de l'ordre et du luxe ; de même de l'amiral anglais sir Herber « qui a une table somptueusement servie et surtout en vins vieux exquis ». « Ces lieux sont couverts de jardins potagers et la place de Montevideo est d'une richesse extrême en légumes de toutes qualités ». Il évoque les souvenirs du temps passé où ils se retrouvaient à Paris, dans l'appartement de la rue du Mont-Thabor, et parle de la situation en Amérique. « Mon ami, tout est changé, depuis 8 années l'Amérique a cessé d'être ce qu'elle était. Cela tiendra particulièrement à la guerre cruelle qui nous a poursuivi ; cependant il y a d'autres causes, les hommes ont totalement changé […]. J'ai beaucoup travaillé, beaucoup gagné d'argent, et si l'on me payait la moitié de ce qui m'est dû, je n'hésiterais pas un seul moment de retourner en France dans l'état actuel des choses [...]. Nous sommes tous fatigués de la guerre des gouvernements arbitraires et de ne pas augmenter nos fortunes. Si donc la guerre cesse par l'intervention de la France, ce pays offrira les plus belles espérances. Quant à moi, j'attends ce moment pour travailler à mon Sta Ana et si il arrive je me considèrerai riche au milieu de toutes mes pertes nonobstant un si bel avenir […]. Très cher Delile, j'ai enfin le désir de retourner à Paris, de voir Versailles, les morceaux épars de Malmaison, de Navarre où vous avez fait un voyage bien impromptu et dont vous conserverez sans doute quelques souvenirs, Montmorency et les descendants de Mr Le Duc, de même que j'ai vu les descendants de Flicoteau à mon retour d'Amérique ; la rue Montabor, la rue Copeau, je ne vous dirai rien du Jardin des Plantes qui est si augmenté, de la Magdeleine et de la Bourse dont je n'ai vu que les fondations, etc. Je désirerais, en un mot, publier les plantes qui sont proprement à moi et qui offrent un corps d'ouvrage intéressant, etc. Mais cher ami, sans argent pour faire les premiers frais, sans savoir si les fruits de mes travaux pourraient servir à les continuer, je me croise fortement les bras et me maintiens ici où du reste je le passe très bien, sans besoins qui me tourmentent. Souvent j'ai pensé de m'embarquer et d'aller droit à Montpellier, c'est le vœu de mon cœur, mais en réfléchissant bien, c'est à Paris où il faut précisément aller. Si nos Jussieu, nos Desfontaines, nos Richard, nos Lamarck existaient, je n'hésiterais pas un seul instant. Non seulement je n'ai pas de sympathie pour leurs remplaçants, mais je suis fondé à croire qu'ils n'en n'ont pas pour moi et qu'en général on ne me verrait pas avec plaisir parcourir mon ancien herbier, faire les nombreuses observations que j'aurais à faire. Tout me porte à croire que mon herbier a été saccagé ! qu'il serait curieux pour moi de le voir, de le comparer avec l'ouvrage publié par Kunth, Richard, Humboldt et autres, enfin de le comparer avec mon manuscrit botanique, mes nombreuses observations […]. En attendant votre réponse, je vais faire une collection de graines quoique cela soit très long et difficile, et je vous la ferai parvenir […]. Si en même temps vous jugez convenable de m'envoyer des graines, elles seront bien employées. Pourrait-on avoir des graines de votre Nelubium et d'autres plantes nouvelles pour moi. Vous ne m'avez pas envoyé de graines de Cassia renna, de Gossypium herbacium, de rhubarbe. J'aimerais avoir de ces graines, plus des graines de Digitalis purpavea […], quelques oignons de Crocus satirus […] puissions-nous dans nos vieux jours nous écrire mais surtout nous voir. Que de choses nous aurions à nous rappeler, à nous dire, cher Delile. Je suis dans ma 76e année et tout récemment je commence à me fatiguer […] ».
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