Aimé BONPLAND (1773-1858), botaniste et explorateur, il expl - Lot 13

Lot 13
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Estimation :
3000 - 4000 EUR
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Aimé BONPLAND (1773-1858), botaniste et explorateur, il expl - Lot 13
Aimé BONPLAND (1773-1858), botaniste et explorateur, il explora l'Amérique du sud de 1799 à 1804 avec Humboldt. Lettre autographe signée au botaniste Alire Raffeneau-Delile (1778-1850), 4 pp. in-4. Buenos-Aires, 7 novembre 1819. Transcription complète jointe. Magnifique lettre sur son installation en Amérique-du-Sud et les cultures qu'il y développe. Il s'inquiète de son silence, surtout au sujet de la publication de son ouvrage sur les jardins de la Malmaison, lui demande des nouvelles des dessins, des cuivres et de l'exemplaire sur Vélin. Puis il donne de ses nouvelles. « Mon existence ici s'améliore et serait bientôt très belle si je pouvais pénétrer dans l'intérieur du pays. Quoique les campagnes soient très agitées dans ce moment, j'espère cependant sous peu aller enfin visiter l'intérieur. Pendant ce dernier hiver qui est plus beau que notre printemps, j'ai fait plusieurs excursions dans le Parana et je compte aujourd'hui 8 à 900 espèces de ce pays dans ma collection de plantes. J'ai aussi une assez jolie collection d'insectes, quelques coquilles fossiles et pas mal d'anatomie comparée de sorte que je ne désespère pas d'avoir bientôt des collections utiles à mes intérêts quelque soit le sort à venir de ce pays qui est vraiment trop agité pour un pays de liberté. La propriété que j'ai aux portes de la ville devient très intéressante et si j'avais pu y faire tout ce que je désirais, je tirerais d'elle déjà une existence assez belle. Patience, mon ami, il m'en a fallu beaucoup ici et j'en ai eu au-delà de ce que je pouvais me l'imaginer […]. Mes vignes sont magnifiques et l'année prochaine j'aurai une ample récolte, mes fresnes (frawinus ewielsior) sont beaux, cet arbre est une véritable richesse pour le pays et il me devra au moins cela. Dans deux ans d'ici j'espère en avoir qui porteront graines. Mes saules jaunes et rouges sont en pleine multiplication et m'offrent de grands avantages, aussitôt que j'en aurai assez pour faire de la vannerie si utile dans ce pays ; sous peu de jours je cueillerai des framboises des premiers 26 pieds que j'ai multipliées avec trois petits misérables individus que j'avais sauvés. Il y a déjà quelques jours que j'ai fait goûter des fraises de tous les mois, des groseilles à grappes et des groseilles à maquereaux, etc. etc. J'ai beaucoup de travaux et d'observations curieuses mais je n'en ferais usage que lorsqu'il sera bien décidé que je resterai ici ou que je retournerai en Europe […] ». Il lui annonce l'envoi de plantes et de manuscrits destinés à la publication de la Flore des Provinces-Unies, lui demande des nouvelles de Humboldt, de sa Flore, etc. « mais croiriez-vous, cher Delile, que mon herbier et toutes mes collections sont encore dans les caisses où elles sont venues d'Europe et que ces caisses n'ont été ouvertes que pour m'assurer que tout se conservait en bon état !! Je vous prie avec instance cher Delile de m'envoyer quelques bonnes loupes semblables à celles dont nous faisions usage, j'en suis entièrement dépourvu pour les avoir perdues toutes. De la graine de Sumai au moins une livre, de la graine de Gossypium herbacium la même qu'on cultive dans le Levant et dans le midi de la France. Des oignons de tulipes autant que vous pourrez et surtout de bien les conditionner, le meilleur moyen serait peut-être de les envelopper un à un dans du papier et de les mettre dans du sable bien sec, ce moyen arrêterait la végétation et empêcherait la putréfaction. Les tulipes les plus connues seront bonnes pour ici, ainsi demandez les rebuts de nos fous tulipiens : j'aimerais bien aussi recevoir d'autres oignons quels qu'ils soient et surtout des renoncules et des anémones. Celles que vous m'avez envoyées étaient toutes gâtées et la plupart trop petites, c.a.d. les pattes. Si ces sortes de fleurs ne sont pas très chères ou que vous puissiez vous en procurer par Lelieur ou tout autre, envoyez m'en au moins un millier. Vous feriez bien aussi de m'envoyer des graines de ces fleurs qu'on estime beaucoup ici ; ajoutez à cela, si vous le voulez ou si vous en avez le temps, des graines de fleurs d'automne, des Asters surtout […] ».
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