Ludwig LEICHHARDT (1813-1848), explorateur allemand, il mena - Lot 77

Lot n° 77
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Ludwig LEICHHARDT (1813-1848), explorateur allemand, il mena - Lot 77
Ludwig LEICHHARDT (1813-1848), explorateur allemand, il mena 3 expéditions en Australie et disparut lors de la dernière à l'âge de 34 ans. Lettre autographe signée [au botaniste Gaetano Durando (1811-1892)]. 2 pp. in-8 oblong d'une fine écriture (haut de la lettre coupée). Sans lieu ni date [Australie, vers 1843-1844]. Extraordinaire lettre sur son voyage en Australie et la condition des Aborigènes. « Si mes plantes arrivent, étudiez les bien, déterminez-les, publiez les descriptions de ces qui ne sont pas connues et écrivez-moi les noms de toutes. Ainsi je puis devenir utile à vous et vous à moi. Si nous sommes connus, nous pouvons mieux demander du support d'une société et alors ! - alors - toute l'Océanie est devant nous ! Communiquez ma lettre à mons. A. Rouault, qui est si bon de se souvenir de moi. La partie géologique sera intéressante pour lui. S'il trouve quelque chose de nouveau qu'il le fasse publique [publier] : j'enverrai bientôt un travail plus complète. Monsieur Prévost le géologue m'a promis de publier des communications dans les annales géologiques. Je pense on sera curieux d'entendre quelque chose de ces lieux, qui sont même inconnus dans la colonie. Faites publier mon anatomie du fruit de la Bunya Bunya, qui sera parfait, quand j'aurai étudié le fruit mûr. On a proposé de faire une expédition à Sydney à Pt Essington aux côtes septentrionales de la Nouvelle Hollande ; mais le gouvernement est trop pauvre ; j'espère qu'une telle expédition sera faite un jour, soit-il par le gouvernement, soit-il par les habitants riches de la colonie [il mènera finalement cette première expédition de 4800 km de Jimbour à Port Essington, du 1er octobre 1844 au 17 décembre 1845]. La colonie est toujours très déprimée ; tous faillissent. Nous avons vu la comète dont vous parlez du 3ème mars 1843 jusqu'à l'avril. Tout le pays par lequel j'ai voyagé, avec quelques exceptions, est occupé par des propriétaires de brebis et de bestiaux ; les stations sont de 20-30 miles anglaises d'une de l'autre. Souvent j'ai voyagé seul sur ma bonne jument de Valparaiso accompagné d'une chienne (Pointer). Souvent j'ai campé seul dans la forêt ou sur la montagne, au même temps cuisinier, groom, washerwoman, naturaliste. Les hommes sont pourtant bien hospitables et moi, j'étais bien heureux de faire la connaissance de quelques personnes très respectées dans la colonie. Souvent j'ai cru que je serais forcé de laisser mes études et de chercher mon pain. Votre lettre m'a donné beaucoup d'espoir et de plaisir. Il est bien singulier qu'il y a une petite plante ici très semblable à celle que vous m'avez envoyée des marais de Toscana. Je mets dans la lettre la fleur de l'arbre que j'ai mentionné, à feuille serrée à bois très mou et épongeux [spongieux] dont les Noirs font des vaisseaux et des (?) (leur shield). Ces Noirs même sont des êtres très intéressants sur lesquels j'ai fait beaucoup d'observations, vivant presque toujours entre eux. Ce sont à présent des tribus puissans, qui seront bientôt anéantis par la civilisation. Le philanthrope s'en fâche, mais il voit que ces pauvres Noirs ne peuvent être sauvés de la destruction par les différens moyens qu'on a employé. On ne peut accuser ni les Européens, ni le gouvernement, ni les Noirs. Il paraît être destiné que ces races disparaissent devant la race Caucasienne, bien que les mêmes passions et le germe des mêmes vertus étoit donné à toutes. D'après tout ce que je vois, je ne peux pas croire, que le Noir de cette partie de la colonie soit un être stupide, incapable d'une éducation. Cette éducation ne peut se faire en 2-3-10-20 ans ; c'est l'éducation par des siècles que cette race demande, mais hélàs ! 10 ans la réduiront à peu de chose par les moyens de la vénérie [vilénie], qui se monte déjà ici, et par les liqueurs spiritueux. Mille compliments à M. Brongniart […]. Adieu mon cher ami, adieu !. L. Leichhardt ».
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