[RUSSIE / CATHERINE II]. Valentin Ladislas comte ESTERHAZY ( - Lot 665

Lot n° 665
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Estimation :
1200 - 1500 EUR
[RUSSIE / CATHERINE II]. Valentin Ladislas comte ESTERHAZY ( - Lot 665
[RUSSIE / CATHERINE II]. Valentin Ladislas comte ESTERHAZY (1740-1805), représentant officiel des princes français émigrés. Lettre (autographe?) non signée [probablement à son épouse, la comtesse Ursulla de Halwill], 2 pp. in-folio. Saint-Pétersbourg, 4 septembre 1791. Superbe relation d'une réception par CATHERINE II dans son palais. «Je suis enfin arrivé ici, ma chère amie, à très bon port sans être nullement incommodé de la longueur du voyage […]. Je veux vous rendre compte de ma présentation à l'Impératrice […]». Grace à l'entremise du général Zouboff à qui il devait remettre des dépêches, il fut mené à Catherine II qui le reçut dans son «Hermitage». «Je m'y suis rendu et de là à cet ermitage qui est un palais superbe et immense, orné de tous les plus beaux tableaux qu'elle a réunis de partout et où elle a fait construire une galerie pareille en tout à celle du Vatican où les loges de Raphaël ont été copiées par les plus grands maîtres. À peine ai-je traversé 7 ou 8 salles que j'ai été introduit dans un salon où était mise l'impér. sans aucun ordre et mise et coiffée très simplement. Après avoir pris ma lettre, elle m'a fait asseoir dans un fauteuil près d'elle et nous avons passé 1 heure environ à parler d'affaires. Après cela elle m'a parlé de mon oncle qui a été ambassadeurs ici, de la Hongrie, enfin de choses plus ou moins intéressantes, mais avec une grâce, une simplicité telle que je me suis trouvé aussi à mon aise avec elle que je le suis avec la Reine [Marie-Antoinette dont il était l'un des proches]. Elle m'a dit qu'elle avait à 7 heures un petit spectacle en très petit comité et qu'elle me proposait d'y assister […]. Dans l'intervalle, elle m'a proposé de me montrer son Hermitage. Je n'ai jamais vu tant de chefs d'oeuvres réunis […]». Il rend compte de la visite, de sa présentation à différents dignitaires, dont certains sont apparentés à lui et qui furent très surpris de le trouver ici. «Nous sommes entrés dans une salle de comédie superbe, l'impér. s'est placée au second rang sur une chaise et a fait asseoir le comte Coblentz à un côté et moi de l'autre, l'aîné de ses petits-fils en avant d'elle à gauche, Mr de St Priest à droite. M. de Zoub. à côté de moi, le Cte de Bruce à côté de l'ambassadeur. Les dames se sont mises au 1er rang et le reste comme il a voulu, le reste étant vide. On a donné Le Magnifique et l'École des maris. Pendant la 1ère pièce qui n'est pas l'opéra, l'imp. n'a fait que causer tantôt avec l'un tantôt avec l'autre, d'une gaité et d'une manière charmante, badinant beaucoup sur l'idée que j'avais de l'étiquette de la cour de Pétersbourg et sur ce que je lui ai dit que le major avec qui j'étais venu m'avait dit que jamais les étrangers ne voyaient l'Hermitage. Elle a trouvé plaisant d'arranger que ce serait moi qui le lui montrerait un de ces jours, enfin vous n'avez pas d'idée de sa manière et du talent qu'elle a de mettre les gens à son aise […]. L'aîné des grands ducs a 14 ans il paraît en avoir 16 et est superbe. Le second est moins beau mais plein de physionomie et de vivacité, l'impér. semble les aimer à la folie […]».
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