Charles LAPICQUE (1898-1988). Manoeuvres...

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Charles LAPICQUE (1898-1988). Manoeuvres...

Charles LAPICQUE (1898-1988).
Manoeuvres au large de Brest, 1959.
Huile sur toile.
Signé et daté en bas à gauche.
81 x 100 cm.
Contresigné et titré au dos.
M. Marc Métayer a confirmé l'authenticité de notre tableau qui sera représenté dans la prochaine édition du catalogue raisonné consacré à l'artiste.


Cette oeuvre peinte par Lapicque en 1959 s'inscrit dans une série réalisée par l'artiste après qu'il a assisté aux manoeuvres de la Marine Nationale dans la rade de Brest en ayant pris place à bord d'un aviso à l'automne 1958. Sa présence à bord du navire militaire étant possible grâce à sa fonction officielle de peintre de la Marine. En effet, Lapicque en fit la demande en 1948, certainement pour assouvir en partie son amour pour la mer et dans un même temps en profiter pour expérimenter de nouveaux territoires picturaux. Cependant, il est à noter que l'attrait de Lapicque pour les navires de guerre s'était déjà manifestée dès 1929 ("Le torpilleur" au MNAM).
Peintre agréé de la Marine jusqu'en 1966, il participa chaque année depuis 1949 au Salon des Peintres de la Marine. N'ayant jamais été considéré par le corps militaire en charge des arts comme vraiment légitime, l'artiste décidera de quitter cette fonction. En effet, si l'on compare le goût pour la modernité non conventionnelle de Lapicque et ce qui se dégage des oeuvres produites par l'ensemble des peintres officiels de la Marine, la marge est telle, que l'on peut comprendre l'accueil plus que mitigé qui fut réservé à cette vision lapicquienne qui ne montre pas la véracité des navires, pas plus que de leur environnement (mer et ciel), sans oublier les marins représentés fondus dans le décor
Il reste les oeuvres. Chacun des tableaux de cette série nous propose une vision absolument nouvelle du sujet. Lapicque, à bord du navire, prenait des notes et faisait des croquis dont il se servait plus tard à l'atelier pour peindre les toiles.
Si l'on mettait côte à côte toutes les toiles sur ce sujet spécifique, datant de 1958-59, on pourrait y voir la représentation d'instantanés d'une manoeuvre dans le temps d'un jour et d'une nuit, avec le déplacement houleux du navire sur lequel se situait Lapicque, dans le sillage d'un autre bâtiment partant bâbord ou tribord en fonction d'une tactique connue du commandement seul.
Quand on sait l'importance des recherches plastiques faites par l'artiste sur la façon de montrer dans une même oeuvre la durée liée à l'espace*, on se plait à voir dans cette série le fruit de la même interrogation par une démonstration éclatée sur plusieurs oeuvres où les notions justement d'espace et de durée s'accordent parfaitement.
Ingénieur de l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures, Lapicque a fait de longues études sur les contrastes des couleurs. Dans " Manoeuvres au large de Brest, l'artiste s'emploie à montrer une réalité autre de la nature : ciel aux teintes boréales tombant du haut de l'oeuvre par horizontales successives, plus ou moins larges, rochers aux couleurs vives flottant sur une eau qui monte à la rencontre du ciel dans un patchwork de bleus et verts liés par les blancs, fendue par un navire à l'âme aérienne.
Au premier plan, les personnages s'imbriquent totalement dans le traitement général de l'oeuvre, mimant l'anecdote. Un semblant de perspective apparait tout à coup lorsque l'on aperçoit les autres personnages aux dimensions réduites.
Figuration et abstraction se partagent la surface du tableau dans un langage propre à Charles Lapicque qui disait vouloir "rendre l'abstrait figuratif" donnant à l'oeuvre une autonomie aussi manifeste que dans une oeuvre totalement non-figurative.

Précurseur dans les années 1940 par son apport de la grille comme structure présente et visible dans ses oeuvres, influençant ses contemporains, tels que Manessier ou Le Moal, pour ne citer qu'eux, chef de file des Jeunes Peintres de Tradition Française, il est aussi l'initiateur du retour à la figuration jusqu'à la Figuration Libre. Hervé Di Rosa, encore aujourd'hui, avoue clairement l'héritage de Charles Lapicque.

Lapicque publie Essais sur l'espace, l'art et la destinée chez Grasset, en 1958.



Éléments biographiques :

1898 : naissance à Théizé, dans le Rhône.
Son père étant décédé avant sa naissance, sa mère le confie à ses grands-parents.
Dès son plus jeune âge Lapicque passe ses vacances d'été chez son oncle en Bretagne.
1903 : étude du piano (la musique, autre passion de Lapicque).
Son oncle Louis (physiologiste de renom) l'accueille à Paris pour qu'il puisse y faire ses études.
1919 : Ecole Centrale, en sort diplômé deux ans plus tard.
1920 : mariage avec Aline, avec qui il aura trois fils.
Lapicque peint en amateur.
1925 : participe au Salon des Artistes Indépendants. Sa toile décisive : Hommage à Palestrina,
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